"Formalisme" des "droits" de l'homme

Publié le par Michel M Piquet

« Formalisme » des DH

 Quelques remarques en complément de ce que peut en dire "Du mode d'existence des "droits" de l'homme"

 

-P. Rosanvallon, (Le Sacre du citoyen… , Paris, 1994) : « l’idée de suffrage universel a introduit dans la modernité une rupture beaucoup plus profonde que l’idée socialiste » (p.19).

« Le droit de suffrage produit la société elle-même » (p.17)

Lien avec l’individualisme le plus atomistique, le plus artificiel ;

De plus, contradictoire avec le rationalisme des Lumières pour lequel : gouvernement des compétents ; la Révolution n’a jamais dénoué cette contradiction (bibi : entre ce qu’on peut appeler l’élitisme d’un Condorcet l’éducation du peuple pour parvenir à la République par des élections dignes de ce nom[1] –spontanément, il n’était guère révolutionnaire pas le seul : DH comme « lapsus » & le silence de la Déclaration de 89 sur les élections

 

-Droit islamique comme « éloge » a contrario du formalisme tant reproché aux « droits » de l’homme (rend la sté ingouvernable, favorise l’individualisme, le totalitarisme,etc.)

J.Ellul  et A. Besançon :  c’est d’un point de vue formel que l’Islam est incompatible avec ce que nous désignons sous le nom de « droits » de l’homme. C’est de ce point de vue, et beaucoup moins du point de vue du contenu qu’apparaît l’arbitraire de la « tolérance » islamique à l’égard du non musulman « dhimmi »[2]. Cet arbitraire que combat précisément la  Déclaration de 1789, dont elle a surgi. C’est une tolérance non déduite des « droits » de l’homme et ne résultant que d’un contrat inégal, octroyé. Ellul, p. 102-103 : « cela veut dire, en réalité, que le protégé n’a aucun droit véritable (...) la condition de dhimmi est définie par un traité passé entre lui (ou son groupe) et tel groupe musulman (la dhimma). Ce traité présente un aspect juridique, mais c’est ce que nous appellerions un contrat inégal : en effet, la dhimma est une « charte octroyée » (voir Chehata sur le droit musulman) Avec deux conséquences. La première, c’est que celui qui octroie la charte peut aussi bien la révoquer. En réalité, ce n’est pas un contrat « consensuel » formé par la volonté des deux parties. Et, en fait, c’est un arbitraire. Le concédant décide seul de ce qu’il octroie (d’où une grande variété possible de conditions). Le seconde, c’est que nous sommes dans une situation qui est l’inverse de ce qu’on a essayé< ?> de construire < ?>[3] avec la théorie < ?> des droits de l’homme et selon laquelle, du fait que l’on est un homme, on a obligatoirement un certain nombre de droits, donc ceux qui ne les respectent pas sont, eux, dans une situation de mal (...) aujourd’hui, pour l’Islam conquérant, tous ceux qui ne se reconnaissent pas musulmans n’ont pas de droits humains reconnus en tant que tels ». Bibi : ce n’est pas une seconde conséquence, c’est la même : 1789, c’est la récusation de l’octroyé et/ou de l’arbitraire, ce ne fut pas une révolution d’esclaves, (Tocqueville...)

 

-L’Eglise était contre le tirage au sort et pour l’élection, parce que l’élection fournissait la parole de Dieu lui-même. Manin, les Limites de la démocratie . <le tirage au sort est référé à celui qui  régla le partage de la tunique du Christ entre ses bourreaux>.

 


[1] Enseignement et élections n’ont pas été pour rien les deux obsessions de Condorcet –comme autant de reports-médiations beaucoup plus réformistes que révolutionnaires

[2] La condition de dhimmi en pays d’Islam vaut comme éloge a contrario du formalisme tant reproché aux « droits » de l’homme/le dhimmi est une charte octroyée, elle est arbitraire et protectrice non formelle. Nul ne peut critiquer le dhimmisme sans  invoquer le formalisme des « droits «  de l’homme. Voir « droits sociaux et droits de l’homme.

[3] Bibi : mais peut-on dire que les « droits » de l’homme ont été construits, ou même qu’on a construit quelque  chose avec eux ? Langage malheureux... l’estime pour les « droits » de l’homme est bien faible, le ver est dans le fruit. Or, privés des Dh comme faits nous ne sommes plus rien. A quelle référence renvoie donc cette réticence sur 1789 ? Chez J. Ellul et d’autres (Lévinas) etc. au judaisme ?

(à suivre)

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