les "droits" de l'homme relèvent de l'ordre des faits
DH DE L’ORDRE DES FAITS Voir aussi DH ET DROIT NATUREL
(Voir aussi: Du mode d'existence des "droits" de l'homme)
-Les partisans modernes du droit naturel antique (école de Michel Villey) contre les DH
« Jusqu’à Diderot, le droit avait pour fonction d’ éloigner ceux qui, de près, se seraient battus, dévorés, et de rapprocher ceux qui, de loin, n’auraient pas pu s’entraider ou se faire du bien. On mettait donc dans un même espace juridique ceux qui avaient reçu davantage pour qu’ils s’encouragent mutuellement à redonner davantage et ensuite à recevoir davantage encore. On mettait dans un autre lieu, lui aussi juridiquement délimité ceux qui avaient reçu moins, pour qu’on ne leur demande pas de donner, mais qu’on les aide à recevoir, et, si possible, à devenir à leur tour capables de donner. (...) On n’était « élevé » de « condition » que pour donner plus, on ne s’élevait qu’en donnant, on ne donnait pas sans s’élever encore. Etait gentilhomme qui donnait beaucoup parce qu’il avait reçu beaucoup. Etait bourgeois qui donnait peu, qui prenait, parce qu’il n’était pas capable de faire mieux. Le don traversait ce droit,le gratuit servait de modèle à l’onéreux, le prêtre et le gentilhomme au bourgeois.On ne distinguait les hommes entre différentes conditions que pour les rapprocher à bon escient. Avec le droit bourgeois, il n’est plus question de distinguer pour unir.On fusionne tous les hommes en une seule condition. Et on demande au droit de rendre tous les hommes individuellement interchangeables. Au droit naturel de faire revenir tous les individus à la catégorie unique de « l’homme sans qualités ». Au droit positif, de récompenser ceux qui se sont davantage enrichis. C’est l’onéreux qui, désormais, sert de règle au gratuit, c’est le bourgeois qui fait la leçon au gentilhomme. La prise a chassé le don. Le prédateur a remplacé le donateur. L’homme est devenu ou redevenu un loup pour l’homme[1]. »ie l’état de nature est rétabli.
Bibi :Mais cette conception « différenciée » du droit ne tenait et ne durait que parce qu’elle reposait foncièrement, elle-même, sur une conception de la naturalité humaine <d’origine biblique et chrétienne> qui était fondée sur une radicale égalité ontologique <ie. sur quelque chose qui n’est pas en son fond du droit>. Et c’est ce qui avait été oublié –et cela, d’ailleurs, dès l’embourgeoisement de la monarchie française[2]- : c’est cette naturalité ontologiquement égalitaire en faveur de laquelle la déclaration de 1789 réagit si fortement.-à injustice de la traiter de « bourgeoise ».
Son objet n’est d’ailleurs pas de « fusionner tous les hommes en une seule condition » ; simplement : il y a des traits communs à tous, quelles que soient, précisément, leurs conditions juridiques : Vallançon nous expose simplement qu’il y a un droit positif bourgeois. Mais le droit n’est pas les DH...
-La critique « féministe » des DH comme droits du mâle (et même du « mâle blanc » (« white males ») tient à une lecture juridique de la Déclaration –notamment à travers le miroir déformant du Code civil, bien que Bonaparte ait écrit textuellement vouloir en revenir à la situation d’ « avant 1789 »
v. Femme & DH à « Evelyne Pisier »
voir aussi Du mode d'existence des droits de l'homme.
[1] F. Vallançon, Diderot ou la guerre du feu, Paris, 2000, p. 46-47.
[2] Cf. Tocqueville, l’Ancien régime et la révolution...passim.