"droits"de l'homme et droit naturel

Publié le par Michel M Piquet

DH & droit naturel

Voir : DH de l’ordre des faits

 

 

Dans sa critique des droits de l’homme, « Jacobi reproche aux révolutionnaires de vouloir agir conformément aux lois de la nature : autant vouloir obéir au soleil en plein jour. Les auteurs de la Déclaration ont confondu la raison (devoir-être) et le bonheur (être). La raison considérée en elle-même est « sans cœur et sans entrailles, qui ne connaît ni l’individu ni la personne, n’ayant aucun but hors d’elle-même, et ne pouvant en établir aucun, notre désir d’être heureux la touche si peu qu’elle n’en tient aucun compte. » <bibi : certes, mais les DH de 89 prétendent seulement fournir les conditions techniques du bonheur personnel et non pas ce bonheur lui-même>. Telle est à ses yeux, l’expression de leur spinozisme mais aussi leur plus funeste contradiction : s’il est des lois immuables de la nature, nul n’est besoin de les vouloir réaliser, c’était préparer le plus puissant des despotismes : celui en lequel l’opposant n’est même plus un ennemi, mais une erreur de la nature ».

Bibi : ce n’est pas ce que dit la Déclaration de 1789 : les DH n’y sont pas déduits des lois de la nature, ce sont des faits de nature. Il ne s’agit pas de s’efforcer d’observer des lois de la nature découvertes a priori. On vise le bonheur <et la gestion sociale> par l’évitement des « malheurs publics » dont l’histoire est pleine & on ne vise pas le respect d’une loi de la raison : on respecte celle-ci comme l’artisan, comme par surcroît. Effectivement, ce n’est pas la raison « théorique et abstraite » qui nous fixe l’objectif du bonheur. Rationnellement parlant, dirait Hume, chaque être humain peut viser les « malheurs publics »  et son malheur personnel .

En 1789, l’opposant à la Déclaration se trompe quasi techniquement parlant: il s’engage sur la voie du prétotalitarisme.

On retrouve ici comme, par exemple, chez B. Constant et chez Gauchet, le traumatisme rétrospectif de la Terreur <et non de la Déclaration qui –déjà- n’est pas traitée en elle-même> : comme eux, ses successeurs Jacobi était « libéral » avant la Révolution.

                          

  (Il est un précurseur,il précède Burke : Reflections... : nov 1790) Fragment d’une lettre (jamais envoyée) à J.F. Laharpe (5 mai 1790, Werke, II, p. 513-514, en français, envoyée à Necker qui y a répondu : <philo politique de Ferry, II, p. 42. + p. 310 de Philo du droit de Renaut et Sosoe.

« Cette dame française qui disait qu’elle concevait parfaitement l’utilité de la lune, puisqu’elle nous éclairait pendant la nuit, mais qu’elle ne saurait imaginer à quoi le soleil pouvait être bon en plein jour. Supposé  que la manière fixe d’être gouverné par la seule raison (...) fût un plein jour sans soleil ; cette erreur n’appartiendrait pas exclusivement aux législateurs français : c’est l’erreur du siècle ».

P.H. Tavoillot « De la querelle du panthéisme à la querelle de la Révolution française », in Histoire de la philosophie politique, A. Renault, dir. tome 3, p. 152. Bibi : « Il faut détruire les prisons,puisque les contre révolutionnaires ne sauraient bénéficier des droits de l’homme », préconisait Collot d’Herbois pendant la Terreur !

Et Jacobi n’a pas tort de  qualifier la Déclaration d’utilitariste.  Mais il ne semble pas apparaître aux critiques des « Droits » de l’homme que le bonheur <privé et public> a des conditions rationnelles.

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