La Déclaration des droits de l'homme: un lapsus (9e partie)

Publié le par Michel M Piquet

-Sur l’ambiguïté des libéraux à propos de « leur » 1789, après-1789, voir P. Manent, Histoire intellectuelle du libéralisme, chap. VII : « Le libéralisme après la Révolution française »

- Selon Furet, la Révolution française n’aurait sombré dans la radicalité, dans la violence que parce que les révolutionnaires (?), passé 1789, auraient voulu faire table rase, refaire l’homme, le régénérer, etc.

Bibi : ne serait-ce pas là prendre assez naïvement à la lettre les discours des « révolutionnaires » sur eux-mêmes ?

Selon nous, l’affrontement a été celui mené par l’élite des « révolutionnaires » contre la déclaration de 1789, afin de l’étouffer. De là, toujours selon nous, la Terreur

à horreur totalitaire <---ànon référence.

Pour Furet, renégat du bolchévisme, ilimportait d’associer cohérence doctrinale (« communiste ») et horreur totalitaire (toutes les horreurs du siècle : cf. sa correspondance avec Nolte : pour la Shoah, les nazis auraient été inspirés par les soviétiques).

 

 

-Concerne la non-référence ET la déclaration comme lapsus

L’influence des stés de pensée sur la Révolution vues par A. Cochin : ce n’est pas par référence à une doctrine proprement dite qu’elles fonctionnent et qu’elles influent sur la Révolution; mais c’est exactement le contraire : « Les philosophes ont cru l’homme bon ? Non certes : pas plus bêtes que d’autres et beaucoup plus cyniques. Mais ils n’en ont pas moins raisonné d’après cette hypothèse, et cela parce qu’ils raisonnaient pour une Société de pensée. Ils raisonnaient de parti pris, et sans s’en cacher, en utopistes et non en hommes chargés d’âmes. Jean Jacques écrit « pour un peuple de dieux » ».

On ne voit pas le joug affreux qui pesait sur les terroristes. Hérault de Sechelles (...) suivit pas à pas la Révolution (...) il la suivit de force : d’aucun des grands actes de la Révolution (...) il ne fut partisan d’abord, et il accepta tout ! Et pour finir guillotiné par la machine à laquelle il avait tout sacrifié. Robespierre eut tout l’odieux de la tyrannie sans en  avoir le misérable avantage : assurer au moins le triomphe d’une volonté et d’une intelligence, fût-ce des plus méprisables.

-Tocqueville est, par excellence, celui qui disjoint comme pour toute analyse de simple bon sens d’une part 1789 (dont il a le culte) et les DH & d’autre part la Révolution, l’âge démocratique (dans lequel, contrairement à ce qu’on lui fait souvent dire, il voit un « retour à l’avant 1789 », au processus de centralisation. C’est précisément  ce que nous désignons comme lapsus.

Tocqueville met en garde contre les dangers individualistes de la vie dans les sociétés démocratiques. Il redoute le règne de l’opinion.  

Mais ce qu’il vise ainsi, ce n’est pas 1789, dont il est, au contraire, un admirateur inconditionnel, un croyant dira Sainte Beuve fort déçu déjà cité. On devrait souligner davantage (voir chez Manent....et Aron) que ce qui le préoccupe, le hante même ce n’est pas l’apparition d’un « nouveau » mode de vie, c’est un retour à la situation d’ « avant 1789 », formule de Napoléon (quand il rétablit l’esclavage : tout un programme !) que Tocqueville reprend à son compte pour décrire le monde dans lequel il vit et la centralisation (déjà cité). Non pas nostalgie de l’Ancien Régime, mais de sa destruction de 1789, de cette remise à zéro des compteurs : « je ne crois pas qu’à aucun moment de l’histoire, on ait vu sur aucun coin de la terre, un pareil nombre d’hommes si sincèrement oublieux de leurs intérêts, si absorbés dans la contemplation d’un grand dessein, si résolus à hasarder  ce que les hommes ont de plus cher dans la vie pour faire effort sur eux-mêmes, pour s’élever au-dessus des petites passions de leur cœur ». 1789 comme moment où le soi cesse d’être accaparé par ses besoins et ses soucis matériels. (Aussi bien les conservateurs et libéraux qui se piquent de tocquevillisme devraient-ils prendre garde à L’ancien régime et la Révolution, davantage qu’aux aperçus critiques sur la démocratie qui les ravissent tant et qu’ils détournent contre les « droits » de l’homme : autant dire contre Tocqueville lui-même. Qui n’a jamais fait, lui, des évènements de l’histoire politique française postérieurs à 1789, des conséquences cohérentes, des effets, des résultats de 1789 ;qui les traite plutôt comme aussi étrangers à 1789 que les événements  qui les ont précédés )

 

-Cette idée de « retour » est évidemment essentielle. Elle donne, selon  nous, le vrai sens de la Révolution comme répression de l’acte manqué de 1789. Rien à vrai dire, dans ce que décrit Tocqueville n’est radicalement étranger à ce que nous nommons Ancien Régime. Chaque tableau de la vie démocratique fait songer à la société de l’Ancien régime  et même lui convient parfaitement: la destruction des privilèges mise à part –et elle n’est, pour Tocqueville, que la sanction, la prise d’acte juridique d’un état de fait bien antérieur, lié à la pluriséculaire centralisation monarchique . comme pour toute analyse de simple bon sens. On dirait du Rousseau de la Lettre à d’Alembert, par exemple : « Dans les temps d’égalité, les hommes n’ont aucune foi les uns dans les autres, à cause de leur similitude ; mais cette même similitude leur donne une confiance dans le jugement du public ; car il ne leur paraît pas vraisemblable qu’ayant tous des lumières pareilles, la vérité ne se rencontre pas du côté du plus grand nombre ». Ou encore, nous aurions tort de ne rapporter telles descriptions de Tocqueville au  seul 19e siècle : « Lorsque les rangs sont confondus et les privilèges détruits (cf. note 2), quand les patrimoines se divisent et que la lumière et la liberté se répandent (cela peut-il remonter à 1789 ? Evidemment non) il s’établit une multitude de fortunes médiocres. Ceux qui les possèdent ont assez de jouissance et pas assez pour s’en contenter. Ils ne se les procurent jamais qu’avec effort et ne s’y livrent qu’en tremblant. Ils s’attachent donc sans cesse à poursuivre et à retenir ces jouissances si précieuses,si incomplètes et si fugitives. » 

 

 

 

 

 

-Condorcet fait silence sur les massacres de septembre

Ajouter à : personne au 10 août... Dans son Fragment de justification, il confie : pour le 10 août et la prise des Tuileries, « je n’étais pas dans la confidence ». C’est une faute, et une excuse d’homme privé.

Bref, il subit avec toute l’Assemblée, qui, la veille, venait de refuser de voter la déchéance du Roi...

 

-Révolution= renfermer dans sa boîte l’acte manqué de 1789.

Brissot à l’Assemblée, le 24 octobre 1792 : « Les désorganisateurs sont ceux qui veulent tout niveler, les propriétés, l’aisance, les prix (...) Le peuple est fait pour servir la Révolution <stupéfiant résumé !>, mais, quand elle est faite, il doit rentrer chez lui et laisser à ceux qui ont plus d’esprit que lui <même remarque !> la peine de le diriger ». Le 5 novembre, Robespierre répond à ce réquisitoire banalement élitiste paniqué qui ne se réfère en rien aux DH sur un ton ironique mais qui dissimule une gêne (non dénuée elle-même d’une sorte d’animosité contre 1789). Car lui-même raisonne sans l’ombre d’une référence aux DH ; il réplique en termes de droit positif, de légalité  ; extraordinaire dialogue interne à la Révolution deux ans après la Déclaration ! Et où l’on voit en quel sens tous les révolutionnaires sont, de diverses manières, en proie au « remords » face à l’acte manqué de 1789   : « Que nous reprochez-vous ? (en nous accusant d’illégalité, d’avoir désarmé les citoyens suspects, écarté les ennemis de la Révolution) (...) toutes ces choses-là étaient illégales, aussi illégales que la Révolution <bibi : non>, que la chute du trône et de la Bastille, aussi illégales que la liberté elle-même (...) Citoyens, vouliez-vous une révolution sans révolution ? » à Pétion qui, lui aussi, se plaignait d’ « illégalités » : « Vous lui  reprochez <au Conseil de la Commune> d’avoir prolongé le mouvement révolutionnaire au-delà du terme. Quel était ce mouvement ? Vous ne le dites pas : il est probable que ce terme est le moment où ils devaient abdiquer. De manière que, selon vous, le mouvement révolutionnaire devait être de vingt quatre heures précises (...) Que ne veniez-vous créer en un jour un nouveau monde politique, comme le créateur fit l’univers en trois jours. »

(notre thèse est à contre-courant du courant d’idées de Tocqueville Arendt, ou Furet. Pour eux, c’est la lecture des cahiers de doléances qui peut laisser croire qu’il y aurait comme une hétérogénéité entre leurs aspirations « réformistes » & la Révolution en tant que telle, dans sa vraie signification radicale et radicalement innovante. « On eût pu croire, selon Tocqueville, que le but de la révolution qui se préparait était non le destruction du régime ancien, mais sa restauration » (l’ancien régime et la Révolution).

A ceci près que nous ne parlons pas des cahiers, mais de la Déclaration des « droits de l’homme et du citoyen. Et par rapport à celle-ci, il y a reniement : non point, donc, par rapport à un « réformisme », mais bel et bien par rapport à ce que les historiens désignent comme recommencement non circulaire, non astronomique de la révolution française. On ne peut pas nous lire comme nostalgiques du contenu réformiste des cahiers –quand bien même nous insistons sur le refus de l’état présent des choses dans la France de 1788-1789. (H. Arendt)

 

-Barnave commet un certain nombre de « mensonges » dans son De la Révolution et de la constitution son dernier livre testament, vérifier article « Barnave »...

contre la foule, il est monarchiste très tôt ; en 1791 et non en 92. En 89, son lapsus, sur la pureté du sang répandu » trahit sa peur de la foule. Lorsque, en octobre 89, la foule reconduit le Roi à Paris, il parle de « catastrophe » (P. U. de Grenoble, 1988).

 

- Discours de Le Chapelier contre les clubs Barnave, p. 109.

 

-Le 13 juillet 89, la garde nationale, milice bourgeoise chargée de se défendre des troupes royales ET de la population. Le 17 juillet, elle tirera sur la foule.

Le 20 juin 92, les « sans culottes »=citoyens passifs, le 10 août 92 : commandant de la garde nationale tué par le peuple ; 2 juin 93 : la foule impose à la Convention de lui livrer les Girondins. La Commune robespierriste limite les pouvoirs de la rue. L’instauration de la Terreur à l’ordre du jour facilite la surveillance de la rue (+ exécution des derniers Cordeliers)-à Le 9 Thermidor, Robespierre ne sera pas soutenu par les sections.

 

- Martin Breaugh étudie le moment fondateur de l’expérience politique de la plèbe » : c’est une longue histoire discontinue, de la sécession des plébéiens à la Commune de Paris. Il entend montrer que le propre de ces insurrections est de ne pas s’inscrire dans la durée, voire d’être toujours hantées par la servitude volontaire et le désir d’un maître.

Bibi :c’est plutôt là le débordement, le lapsus contre lequel lutte la révolution proprement dite ; l’expérience plébéienne est toujours à refaire, parce qu’elle n’est jamais acceptée en son sein même. Servitude volontaire ou impossibilité foncière de la représentation qui exigerait d’être périodiquement ressourcée dans et par l’intervention des représentants : va et  vient constitutif du politique démocratique (et pas nécessairement violent : Breaugh évoque certaines insurrections symboliques et pacifiques des sans culottes, qui étaient autant d’expériences de ressourcement de l’être-ensemble donc positives. Et pas simples refus de l’ordre existant. (tout à fait ce que l’on dénie comme qualité positive à la Déclaration de 89, et à l’émeute dont elle sort).

 

 

-Sophie Wahnich : la déclaration de 1789 jamais acquise, -àla Terreur ne tient pas à l’accumulation d’une rhétorique de la violence (thèse de Gueniffey) la colère du peuple tient au comportement des acteurs de la révolution, qui reviennent sur ce qu’elle nomme « l’escalade » de la montagne des droits de l’homme. <déjà citée en note>.

 

 

- La notion de souveraineté nationale, en 1789 et 1791, sert à prévenir une tyrannie de la majorité telle qu’elle semble résulter de la pensée de Rousseau.

En effet, écrit Duguit, dans la doctrine de la souveraineté nationale c’est la personne collective qui possède la souveraineté, et les citoyens pris individuellement, n’en ont pas la plus petite parcelle ; ils n’ont donc aucun droit à participer à l’exercice de la souveraineté ». Le suffrage universel ne découle pas de la souveraineté nationale (comme elle le fait de la souveraineté populaire). Il s’agit seulement de trouver le meilleur système pour dégager cette volonté nationale, mais rien ne prouve que ce soit le suffrage universel ».

-àDans ces conditions, la majorité est seulement plus qualifiée que la minorité. Compte tenu de la faillibilité humaine, « la majorité met du côté du pouvoir le maximum de force, du côté de l’intérêt général le maximum numérique de chances ». (M. Prélot). Ie ; la majorité de l’opinion a peut-être plus de chances que ka minorité de l’exprimer, mais elle n’est pas infaillible ; àla minorité demeure une valeur en soi.

 

-  Le regret du lapsus amorcé dès 1789, c’est ce qui donnera « l’école doctrinaire » de Guizot (c. 1830)

                                      

- Voir « Tradition et DH » à « être devenu » + note : contre l’incrimination banale des DH dans l’étiologie du totalitarisme, par leur confusion avec les Lumières & leur penchant à la fin de l’histoire... à partir du XVIIe siècle.

 

 

-La Déclaration des droits de l’homme frappe F. Jullien par « sa réussite historique (...) au point (...) qu’elle a fait souche (sic), (reprise (sic) en 1783, 1795, 1848, 1946, 1948, 1950...) ; et qu’on a pu regretter, quand était rédigée la Déclaration de 1946, la brièveté-majesté-simplicité de « notre grand texte de 1789 » (...) qu’une telle Déclaration soit constamment à réécrire montre déjà assez que l’universalité à laquelle elle prétend n’est pas donnée ».

Bibi : montre surtout qu’elle n’a jamais été acceptée avec son universalité. Et que, loin de faire souche, elle a été l’objet de multiples attaques : autant que de « Déclarations ». voir C. Fauré, Ce que déclarer des droits veut dire, Paris, 2011, chap. IV, « La répétition des déclarations des droits en France ». Et le cas de Condorcet. Noté ici in « Elections & DH » à « Fauré » en note.

 

-Sieyès voir in : DH et élections

 

 

Condorcet

 

À mettre là où je parle de l’attitude de Voltaire contre Pascal : je ne sais plus où :

 

- Condorcet participe de l’animosité frénétique des hommes des lumières comme Voltaire, contre Pascal : voir ce qu’il rejette chez Pascal et aussi ce qu’il en retient (à propos du préjugé) après l’avoir amputé in présentation de ses Réflexions sur l’esclavage des nègres, <présentation par J. P. Doguet éd. Garnier Flammarion, 2009, p. 32ss.> .

 

`Son Eloge de Pascal pour l’Académie des sciences (1774) est malveillant. Et son édition des Pensées de 1776 est amputée de moitié. « Pascal y est présenté comme un adversaire de la théologie rationnelle, et même comme un athée » (Doguet).       

 

Et encore, ce point n’est pas toujours très clair : Furet lit la Déclaration de 1789 comme étant déjà un manifeste de la politique de la table rase…

A. Cochin, La Révolution et la libre-pensée, Paris, 1979, p. 111, note.

La formule : « comme avant 1789 » figure dans le Sénatus-consulte par lequel Napoléon 1e rétablit l’esclavage en 1800, (en principe dans une seule colonie). On est à l’époque de la rédaction du Code civil.

Et il importe peu que ce soit par opportunisme diplomatique, suite à la Paix d’Amiens ! Qu’il n’y ait pas eu, de la part de Bonaparte, référence à une doctrine personnelle longuement mûrie sur l’esclavage n’enlève rien de sa portée à son texte : la non référence est au contraire décisive, ici comme ailleurs…Voir LES SEULES CAUSES NON REFERENCE

Ce qui suffit à récuser la distinction que fait Arendt entre textes américains & déclaration française, celle-ci présentée comme subordonnée, contrairement aux premiers à des considérations économiques et matérielles (Voir, déjà cité). Arendt n’est certainement pas « la plus tocquevilienne des philosophes du 20e siècle" (A. Finkielkraut, Le Monde, 16 mai 2008, p. 8.)

Ce que nous lisons dans Tocqueville, c’est que l’égalisation des conditions, tout au long du 18e siècle et même tout au long de l’élaboration de la monarchie, n’est qu’un effet du phénomène décisif, lui, de la centralisation: c’est cette mutation au long cours qui inquiète  Tocqueville, et dans laquelle l’éruption de 1789 et des droits » de l’homme désintéressés occupe une place extraordinaire. C’est ce contre quoi a lutté l’Ancien Régime avant leur Déclaration de 1789, non moins que après, les « temps d’égalité » et de « la passion du bien-être »

Sauf, évidemment, à vouloir artificieusement faire des «  droits » de l’homme les auteurs , les causes de ce quia suivi et que l’on entend vitupérer comme malaise démocratique et autres « crises de la démocratie, de sa gouvernementabilité, etc.. Mais Tocqueville nous semble être la plus mauvaise référence pour appuyer cette démonstration. (au demeurant bien inquiétante). : toute la pensée contre révolutionnaire ferait beaucoup mieux l’affaire... (ainsi, la défense de Marie Antoinette par Burke est-elle bien révélatrice de cette insistance antitocquevilienne sur une rupture radicale entre l’avant 1789 & le post 1789... les récupérateurs de Tocqueville finiront tous par se rabattre sur Maistre et Burke.

Et alors que le sujet s’y prêtait spécialement : les libertés individuelles, etc. étaient menacées par Robespierre.

Il aura sa réponse de la part des partisans de l’Empire par Bonaparte : «  ce que nous voulions en 1789... ».

Lettre à ses commettants, n° 7.

L’expérience plébéienne. Une histoire discontinue de la liberté politique, Payot, 2007.

Vieux dada lacanien : vous voulez un maître vous l’aurez en 1968...<rappel : on a eu Giscard !...>

Au fond, pour bibi, Rousseau n’aurait qu’à moitié tort : la représentation est incontournable. Mais il aurait aussi à moitié raison : elle est intenable très longtemps, si elle n’est pas ressourcée par l’insurrection, l’expérience de nouveaux vivre ensemble.

La longue patience du peuple, 1792, naissance de la République, Payot, 2008.

Une politique de la terreur, 2005.

277 Léon Duguit, Traité de droit constitutionnel, Paris, 1911, 36.

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